From: Guillaume JACQUES
Message: 49
Date: 2001-04-11
> 10. Tib. b-cu (? PTB *g-kiap) :: Lezgi c.u-, Lak ac., Avar anc.,
> Chech. itt, Khinalug jä3iz
> Le -u en tibetain est forme par analogie sur 9. L'ancienne finale etait -ip comme en chinois shi2 < dzyip < *gip.
Starostin:
Nax: itt, it.t.
Khin: jä3iz
Lak: ac.
Dargva: wec.-
Cez: oc.i-, unc.i-, etc.
Lezg.: c.u-, jic.u-, wic. etc.
AA: anc.-, hoc.o-, ac.a-, etc.
The correspondences are: Nakh t.t. / Khin z / rest c. Within East
Caucasian, this suggests a prototype *-t.yu (can Tibetan b-cu also be
from *b-t.yu, like gcig < *g-tik?)En fait gcig doit venir de *gtyig en proto-tibetain. Je suis a peu pres sur de l'histoire que bcu est construit analogiquement. Si la forme originelle etait **btyib, ce pourrait etre un emprunt au chinois. Ceci dit, personne n'a dit le dernier mot sur les numeraux du TB, et surtout pas Matisoff dans son dernier ouvrage consacre a ce probleme.Je pense que l'hypothese qu'ils aient ete emprunte au chinois ne sera resolue que lorsqu'on connaitra les correspondance de toutes ces langues entres elles (pour le moment, on connait seulement le Lolo-birman et le Karen). A moins que tsyik < *tyk ne soit le numeral du proto-chinois devenu un adjectif / adverbe 'unique, particulier'.Voici quelques systemes de numeraux ST :Birman Katchine Limbou Qiang rGyal-rong1 tac la/ ngai^:mi thik a : tçi k@-tek2 hnac la/ hkong^ nEt Gn@ k@-nes3 suMh ma\ sum sum khsi k@-sam4 leh ma\ li lii gZ@ k@-wdi5 ngah ma\ nga ngaa Rua k@-mNo6 krok hkruq/ tuk XtS@ k@-tSok7 khu hnac sa\ nit\ nuu st@ k@-$n@...8 rhac ma\ tsat/ yEt khar w@-rjat9 kuih ja\ hku\ phang rgu@ k@-ngu10 chay shi thibong h@... $t$eCa ce sont des langues du Tibet en voie d'extinction (le Deng indique ici a 700 locuteurs) :Monba de Metog Deng Lhoba1 thor khWn55 a ken2 nyik tsing ka31 n55 a nyi3 sam ka31 sWng35 a hum4 phi ka31 prai55 a pii5 nga ma31 nga35 o ngo6 khung ta31 xro53 a kW7 zum weng53 kW nW8 jen liWm35 piinyi9 gu ka31 nyWng55 ko nong10 se xa55 lWng55 W jWngPersonnellement, je ne me sens pas capable de proposer une reconstruction proto-ST ou meme a un niveau inferieur tant que les correspondances ne serons pas claires (j'essaye bien de travailler la-dessus, mais ce n'est pas facile). Il y a certains numeraux qu'on retrouve presque partout (3, 4, 5, 6) mais le reste est tres variable.NB: ac se prononcait *it, ui etait probablement une voyelle centrale et ay se prononcait E ferme. C'est simplement la translitteration. Les tons du katchine sont / haut \bas ^tombant et moyen, sans accent. q note un coup de glotte.Pour le Qiang / rGyalrong, ç = fricative alveolo-palatale $ fricative palato-alveolaire S,Z = fricative retroflexe, G,X = fricative velaire. R = approximante uvulaire, -r final : 'bunched' r. N = nasale velaire <> ng prenasalisee !!Le Katchine et le Qiang ont deux numeraux pour un.Si vous voulez speculer faites le avec bcp de donnees. Je veux bien en rajoyuter si vous n'etes pas assez bien servi. Sur le site de Starostin on peut trouver pas mal de chose, mais sa translitteration ASCII est parfois difficile a dechiffrer meme qd on connait la langue en question. En tout cas, comparer le Daghestanien avec le Tibetain seulement ne suffira pas. Je suis un peu intimide par le Daghestanien, je dois bien l'avouer. Je n'ai pas envie de dire que c'est impossible sans avoir etudier les donnees, mais j'ai du mal a trouver tes comparaisons convainquantes; Si des numeraux ont ete empruntes, pourquoi n'auraient-ils pas emprunte d'autres termes techniques plus immediats, comme 'herminette (english : adze)', 'millet', 'cochon', etc... Il faudrait que je jette un coup d'oeuil aux etymologies sino-cayucasiennes de Starostin.Il faut avouer que l'apparition de Setaria Italica en Europe un peu avant l'epoque Kurgan est peut etre liee a une importation de cette cereale de la Chine, ou elle est cultivee depuis le 7e millenaire AvJC au moins et tres probablement plus anciennement (les grains de millets se conservent plus difficilement que le riz). On a retrouve des 'grinding slabs' (comment dit-on ca en francais ?) pre-neolithique dans le bassin du Huanghe qui datent de plus de 10000 AvJC.
> Miguel :
> From a historical point of view, the only explanation would be
> contacts in Central Asia. Presumably, the NW and NE Caucasians once
> occupied the western steppe (7th/6th mill. Seroglazovo culture?), and
> Yenisseians and Sino-Tibetans parts of the eastern steppe (the latter
> advancing into Tibet and Gansu), before the arrival of Indo-Europeans
> from the west (relegating NWC and NEC to the typical "residual zone"
> of the Caucasus) and (later) Altaic peoples from the east.
>
> GJ:
> Glen trouve ca trop recent, moi je trouve ca un peut trop ancien a mon gout. Le neolithique ne commence a se repandre vraiment qu'au 7/6 millenaire AvJC en Chine. Je ne crois pas que le neolithique allait jusqu'au Turkestan a une date aussi reculee.
The (sub-)Neolithic Seroglazovo culture (see Mallory p. 192) would
form the perfect bridge between Near East, Central Asia and China,
both for the expansion of Neolithic techniques and for the exchange of
Caucasian/Tibetan numerals.C'est un peu loin du Turkestan, cette culture. Mallory semble indiquer que cette culture se trouve du cote de la Caspienne. Ca fait qd mm une sacree trotte !